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un petit article pour nos patients parus dans le Républicain Lorrain!

Lê l’impatient messin

Le défenseur du FC Metz, sévèrement blessé au genou droit en août dernier, a entamé le long processus de guérison. Mais Michel Lê espère retrouver très vite les terrains afin de « participer à la remontée en L2 ».

Vendredi 24 août. Le FC Metz accueille Luzenac pour le compte de la quatrième journée de championnat. Dixième minute. Un homme pose un genou à terre, ligaments croisés en vrac. Michel Lê quitte le terrain en grimaçant. Et la scène National pour de longs mois. « J’ai ressenti une forte douleur, mais c’est le bruit du craquement de mon genou que je n’oublierais jamais, raconte le natif d’Hayange. Sur le coup, j’avais l’espoir que ce ne serait pas trop grave. Mais le doc (André Marie) m’a tout de suite dit que ça ne sentait pas bon… » À peine entrouvertes, les portes du monde professionnel se referment donc brutalement sur ce défenseur central de dix-neuf ans dont Albert Cartier louait, quelques jours plus tôt, les qualités « d’intelligence, d’équilibre et de clairvoyance ».

Titularisé aux côtés de Romain Inez lors des cinq premières sorties messines de la saison, les ambitions nouvelles du jeune espoir messin ne sont pas, pour autant, évaporées. Au contraire. « N’importe quel footballeur sait que ce genre d’épreuve peut lui tomber dessus, relativise Michel Lê, six semaines après ce douloureux épisode. Il n’a jamais été question de pleurer sur mon sort. Le but du jeu aujourd’hui, c’est de retrouver un genou tout neuf, de bien récupérer musculairement afin de revenir encore plus fort !C’est d’ailleurs ce que j’ai dit à Erwan (Martin, qui a été opéré du genou hier). »

Un état d’esprit, un discours qui force l’admiration de son entraîneur. « Dans les heures qui ont suivi sa blessure, sa réaction a été exemplaire, se souvient Albert Cartier. Je l’ai trouvé très détendu bien que conscient qu’une saison blanche l’attendait très certainement. Il a abordé cette épreuve avec philosophie et de manière très positive en se tournant immédiatement dans le processus de reconstruction. »

Opéré le 29 août à Strasbourg par le Docteur Christian Lutz, il a ainsi attaqué sa rééducation dès le lendemain. « Lorsqu’on m’a présenté la machine qui devait m’aider à plier mon genou, j’ai pris peur. Je me disais que les points allaient sauter les uns après les autres, rigole le défenseur messin. Mais évidemment tout a tenu. » Jusque-là, Michel Lê suit le protocole habituel de n’importe quelle victime d’une telle blessure. La phase suivante, en revanche, est spécifique aux sportifs de haut niveau. Un programme intense auquel le joueur s’astreint quotidiennement au sein du cabinet de rééducation Kineos, basé au Centre Coubertin de Metz.

« Ce petit geste m’a été droit au cœur »

Sa semaine type ? « Trois séances de rééducation en piscine, deux en salle et depuis que je peux marcher, je me rends, parallèlement, au stade deux fois par semaine. » Un retour sur son lieu de travail très important psychologiquement. « Je travaille avec le doc et le kiné (Jacques Muller) du club, notamment le renforcement musculaire du haut du corps. Mais au-delà de ces soins, ce qui fait du bien, c’est de revenir dans les vestiaires, de revoir les copains. Je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort, il y a évidemment bien pire, mais le changement de rythme de vie est tout de même brutal. Heureusement, j’ai été bien entouré et j’ai reçu énormément de messages de soutien, notamment de l’ensemble du club. »

Il garde ainsi précieusement, dans son téléphone, la photo de la banderole déployée à Saint-Symphorien par les supporters messins (« Courage Michel ») lors de la venue de Tours, le 28 août, veille de son opération. « J’étais dans mon lit d’hôpital, se souvient l’intéressé. Je peux vous assurer que ce petit geste m’a été droit au cœur. » Aujourd’hui contraint de suivre ses partenaires du haut des tribunes, il avoue « vivre le match comme s’ [il] était sur le terrain. Avec le même stress ». Un (im) patient messin qui n’a désormais qu’une hâte : « Revenir, sans griller les étapes, mais le plus rapidement possible. J’espère vraiment participer à la remontée en L2. » S’il boite encore un peu, c’est donc la tête haute que Michel Lê traverse cette épreuve.

Jean-Sébastien GALLOIS.